Collectivités et acteurs publiques : quelles obligations de vigilance envers vos sous-traitants ?

Juil 27, 2026

Une commune signe un marché avec une entreprise de nettoyage pour l’entretien de ses écoles. Six mois plus tard, un contrôle de l’Urssaf révèle que plusieurs salariés de ce prestataire n’étaient pas déclarés. La collectivité n’a rien vu. Elle n’avait pas non plus les moyens de le voir, faute d’un suivi structuré.

Les collectivités territoriales et les acteurs publics sont des donneurs d’ordre comme les autres aux yeux de la loi. Communes, intercommunalités, départements, régions, établissements publics : dès qu’un contrat avec un prestataire ou un sous-traitant dépasse 5 000 € HT, les obligations de vigilance s’appliquent, sans exception. Et avec la loi de 2026 qui renforce ces exigences, la question n’est plus de savoir si une collectivité doit vérifier ses sous-traitants, mais comment elle peut le faire sérieusement, sans mobiliser deux agents à temps plein sur des tâches purement administratives.

Cet article fait le point sur ce que la loi impose vraiment aux collectivités et acteurs publics en matière de vigilance sous-traitants, sur les risques concrets en cas de manquement, et sur les pratiques qui permettent de passer d’une conformité de façade à une vigilance effective.

Ce qu’il faut retenir :

  • Toute collectivité contractant avec un prestataire au-delà de 5 000 € HT est soumise aux obligations de vigilance du Code du travail, au même titre qu’un donneur d’ordre privé.
  • La vérification des documents prestataires doit intervenir à la signature du contrat, puis tous les 6 mois jusqu’à la fin de son exécution.
  • En cas de travail dissimulé chez un sous-traitant non contrôlé, la collectivité peut être tenue solidairement responsable des cotisations et pénalités dues.
  • Le Code de la commande publique impose des vérifications supplémentaires sur les sous-traitants déclarés en cours de marché.
  • La loi n° 2026-534 du 28 mai 2026 renforce encore ces obligations : la vérification périodique s’étend désormais à toute la durée du contrat de sous-traitance.
  • Des outils numériques dédiés (comme Othentis) permettent d’automatiser ce suivi et de produire une piste d’audit exploitable en cas de contrôle.

Les collectivités et acteurs publics : des donneurs d’ordre soumis aux mêmes obligations que le secteur privé

C’est une idée reçue tenace : parce qu’elles n’ont pas de bénéfices à protéger, les collectivités se croient parfois à l’abri des obligations pesant sur les donneurs d’ordre privés. La réalité juridique est tout autre.

L’article L. 8222-1 du Code du travail ne fait aucune distinction entre personnes morales publiques et privées. Toute personne qui conclut un contrat d’au moins 5 000 € HT avec une entreprise pour la réalisation d’un travail, la fourniture d’une prestation de services ou l’accomplissement d’un acte de commerce est tenue de vérifier, lors de la conclusion du contrat puis tous les 6 mois jusqu’à la fin de son exécution, que ce cocontractant respecte ses obligations de déclaration auprès des organismes sociaux et fiscaux (article R. 8222-1 du Code du travail).

Pour une collectivité territoriale, cela concerne un périmètre très large :

  • travaux de voirie et de bâtiment
  • entretien des espaces verts
  • nettoyage des bâtiments publics
  • gardiennage et sécurité
  • maintenance technique multi-sites
  • restauration scolaire externalisée
  • marchés de construction ou de réhabilitation

En d’autres termes, la quasi-totalité des prestataires avec lesquels une collectivité interagit au quotidien.

Ce que la loi exige concrètement à chaque échéance de 6 mois :

  • une attestation de vigilance Urssaf en cours de validité, confirmant que le prestataire est à jour de ses cotisations sociales ;
  • un extrait Kbis ou document équivalent attestant de l’existence légale de l’entreprise ;
  • une attestation fiscale délivrée par l’administration prouvant la régularité de la situation au regard de l’impôt sur les sociétés, de la TVA et des taxes sur les salaires ;
  • la liste nominative des salariés étrangers employés par le cocontractant et soumis à autorisation de travail, lorsque l’entreprise emploie de tels salariés.

Ne pas avoir accompli ces vérifications expose la collectivité à une solidarité financière directe : en cas de travail dissimulé avéré chez un sous-traitant, elle peut être tenue de régler les cotisations sociales, impôts et pénalités dus par l’entreprise défaillante (article L. 8222-2 du Code du travail). Ce mécanisme de solidarité ne distingue pas un conseil municipal d’un groupe de BTP.

Au-delà du droit commun, les collectivités évoluent dans un cadre supplémentaire : le Code de la commande publiqueL’article L. 2141-1 impose aux acheteurs publics de s’assurer que leurs fournisseurs et sous-traitants ne font pas l’objet d’une exclusion obligatoire de la commande publique, notamment pour des motifs liés au travail illégal.

Ce contrôle doit intervenir dès la phase d’attribution, mais aussi pendant l’exécution du marché. Une collectivité qui ne vérifie pas la conformité de ses prestataires en cours de marché s’expose à une remise en cause de la régularité de ce marché, avec les conséquences que cela implique en cas de contrôle de la Chambre régionale des comptes ou de signalement au préfet.

Dernier point que les services juridiques des collectivités connaissent bien mais que les services techniques oublient parfois : la responsabilité pénale des élus et des agents peut être engagée en cas de complicité présumée de travail dissimulé, même passive. Avoir agi, ou ne pas avoir agi, laisse des traces. Et dans le secteur public, les traces sont publiques.

Ce que la loi impose concrètement : les vérifications obligatoires tous les 6 mois

Beaucoup de collectivités ont pris l’habitude de demander les documents de leurs prestataires à la signature du contrat, puis de passer à autre chose. C’est précisément ce réflexe que la loi sanctionne.

L’article R. 8222-1 du Code du travail est explicite : la vérification doit intervenir lors de la conclusion du contrat, puis tous les 6 mois jusqu’à la fin de son exécution. Pas une fois. Pas au renouvellement annuel. Tous les 6 mois, sans interruption, tant que le prestataire est actif.

Les documents à collecter et vérifier à chaque échéance sont les suivants.

Pour chaque entreprise prestataire ou sous-traitante :

  • L’attestation de vigilance Urssaf, délivrée directement par l’organisme et confirmant que l’entreprise est à jour de ses cotisations sociales. Ce document a une durée de validité de 6 mois (ce qui n’est pas un hasard).
  • Un extrait Kbis de moins de 3 mois, attestant de l’existence légale et de l’activité réelle de l’entreprise.
  • Une attestation fiscale (formulaire 3666) délivrée par la Direction générale des finances publiques, prouvant la régularité de la situation au regard de l’impôt sur les sociétés, de la TVA et des taxes sur les salaires.
  • La liste nominative des salariés étrangers employés et soumis à autorisation de travail, accompagnée des titres les autorisant à exercer en France, dès lors que l’entreprise emploie de tels salariés.

Ce qui change radicalement la donne pour une collectivité gérant 15, 30 ou 50 prestataires actifs simultanément : ces vérifications ne peuvent pas être déléguées à la bonne volonté des entreprises. Il appartient au donneur d’ordre de collecter, de contrôler la validité des documents reçus, et de conserver la preuve de cette vérification.

Un email non répondu, un document fourni en retard, une attestation expirée non détectée : chacun de ces angles morts peut suffire à engager la solidarité financière de la collectivité en cas de contrôle.

Le chiffre donne la mesure de l’enjeu : 1,6 milliard d’euros de cotisations redressées par l’Urssaf en 2024 au titre de la lutte contre le travail dissimulé (source : Bilan national Urssaf 2024). Les collectivités ne sont pas hors sol de ce phénomène. Leurs prestataires de services — nettoyage, gardiennage, espaces verts, maintenance — figurent parmi les secteurs les plus contrôlés.

Marchés publics : ce que le Code de la commande publique ajoute aux obligations de droit commun

Les collectivités et acteurs publics n’évoluent pas seulement dans le cadre du Code du travail. Le Code de la commande publique leur impose un niveau supplémentaire d’exigence, que les services marchés connaissent bien mais qui échappe parfois aux services techniques en charge de l’exécution.

L’article L. 2141-1 du Code de la commande publique liste les motifs d’exclusion obligatoire des candidats à un marché public. Parmi eux : les condamnations pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans titre, marchandage, prêt illicite de main-d’œuvre. L’acheteur public doit s’assurer, dès la phase d’attribution, que ses cocontractants ne sont pas dans l’une de ces situations. Mais l’obligation ne s’arrête pas là.

En cours d’exécution du marché, la collectivité est tenue de vérifier la régularité de tout sous-traitant déclaré en application de la loi du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance. Lorsqu’un titulaire de marché public fait appel à un sous-traitant, il doit le déclarer à la collectivité, qui doit à son tour s’assurer de sa capacité à exécuter les prestations et de sa régularité sociale et fiscale.

Une collectivité qui accepte un sous-traitant sans effectuer ces vérifications peut voir la régularité du marché remise en cause.

C’est ici que la pression institutionnelle devient concrète. Les Chambres régionales des comptes contrôlent régulièrement la gestion des marchés publics. Les préfets peuvent être saisis. Et dans un contexte de renforcement de la lutte contre la fraude sociale, les collectivités ont tout intérêt à documenter leurs vérifications de manière traçable, pas seulement à les avoir effectuées.

Un dernier angle que les services RH et juridiques des collectivités connaissent bien, mais qui mérite d’être rappelé aux équipes opérationnelles : les clauses sociales obligatoires dans certains marchés publics peuvent imposer des exigences supplémentaires en matière d’insertion professionnelle ou de conditions de travail. Ces clauses créent un devoir de suivi actif pendant toute la durée du marché, bien au-delà de la simple collecte de documents à l’attribution.

En synthèse, ce que tout cela signifie en pratique pour une collectivité : gérer la conformité de ses prestataires n’est pas une tâche ponctuelle confiée au service marchés le jour de la signature. C’est un processus continu, qui court tout au long de l’exécution, qui génère du volume documentaire, et qui engage la responsabilité de la collectivité à chaque étape.

La réalité terrain d’une collectivité (ou pourquoi le suivi manuel est impossible à tenir)

Posons la situation concrètement. Un service technique municipal gère en parallèle un marché de nettoyage, deux marchés de maintenance, un chantier de réhabilitation d’école avec 4 lots et plusieurs sous-traitants déclarés, plus un contrat de gardiennage sur 3 sites. C’est une réalité courante pour une commune de taille moyenne.

Chacun de ces prestataires génère un cycle de vérification tous les 6 mois. Chaque cycle implique de collecter plusieurs documents, de vérifier leur validité, de relancer les entreprises qui ne répondent pas, de classer les pièces reçues, et de conserver une trace exploitable en cas de contrôle. Faites le calcul : 10 prestataires actifs, c’est potentiellement 20 cycles de vérification par an, soit des dizaines de documents à suivre, à dater, à archiver.

Dans la pratique, voilà ce que les collectivités mettent en place :

  • un tableau Excel partagé entre le service marchés et le service technique ;
  • des relances par email, quand on pense à les envoyer ;
  • un dossier partagé sur le réseau interne, alimenté de façon irrégulière ;
  • et un agent qui, quand l’inspection du travail se présente ou que l’Urssaf envoie un courrier, passe deux jours à reconstituer un historique documentaire dans l’urgence.

Ce n’est pas un problème de volonté. C’est un problème de méthode. Le suivi manuel de la conformité prestataires est chronophage par construction, et il génère mécaniquement des angles morts : le document reçu mais pas vérifié, l’attestation expirée entre deux relances, le sous-traitant entré sur chantier avant que sa conformité ait été contrôlée.

Or, la loi ne juge pas l’intention. Elle juge le résultat et la traçabilité. Une collectivité qui a « essayé de suivre » mais ne peut pas en apporter la preuve documentée se retrouve dans la même situation qu’une collectivité qui n’a rien fait. Avoir agi ne suffit pas toujours. Il faut aussi pouvoir le démontrer.

C’est précisément ici que la distinction entre une conformité administrative et une vigilance effective prend tout son sens. La conformité ne doit pas être pensée comme une photo prise le jour de la signature. Elle devient un film : un suivi continu, tracé, horodaté, qui court tout au long de l’exécution du contrat.

La loi de 2026 : ce qui change pour les collectivités et acteurs publics

Le cadre réglementaire actuel est déjà exigeant. Il va se renforcer. La loi n° 2026-534 du 28 mai 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales introduit, à travers son article 95, un nouvel article L. 8222-1-1 dans le Code du travail.

Le principe est direct : le maître d’ouvrage devra vérifier périodiquement, jusqu’à la fin de l’exécution du contrat de sous-traitance, que le sous-traitant respecte ses obligations sociales et fiscales. Les modalités précises (fréquence, documents concernés, seuils) feront l’objet de décrets d’application attendus dans les prochains mois.

Pour les collectivités et acteurs publics, ce texte a une signification particulière. En tant que maîtres d’ouvrage publics, elles sont souvent à la tête de chaînes de sous-traitance étendues, notamment sur les chantiers de construction ou de réhabilitation : un titulaire de marché, plusieurs sous-traitants déclarés, parfois des sous-traitants de rang 2. La loi entend justement élargir et formaliser l’obligation de vigilance sur l’ensemble de cette chaîne.

Ce que cette évolution implique en pratique pour les services concernés :

  • Un périmètre de contrôle qui s’étend. Là où certaines collectivités limitaient leurs vérifications aux cocontractants directs, le nouveau cadre va vraisemblablement imposer un regard plus loin dans la chaîne de sous-traitance.
  • Une traçabilité qui devient incontournable. Vérifier ne suffira pas : il faudra pouvoir démontrer quand, comment, et sur quels documents les vérifications ont été effectuées. Un historique d’emails et un dossier partagé ne seront plus suffisants.
  • Une pression accrue sur la continuité du suivi. La vérification périodique « jusqu’à la fin du contrat » ne laisse plus de zone grise. Le contrôle de début de chantier ne couvre pas la fin de chantier. La conformité ne se résume pas à avoir demandé les bons documents.

Les collectivités qui s’organisent dès maintenant ont une longueur d’avance réelle. Celles qui attendront les décrets d’application pour adapter leurs pratiques se retrouveront à devoir changer de méthode dans l’urgence, avec des marchés en cours d’exécution et des prestataires déjà actifs à intégrer dans une boucle de suivi qu’elles n’ont pas encore construite.

Pour aller plus loin sur le contenu de cette loi et ses implications pour les maîtres d’ouvrage, voir notre article dédié : Loi fraudes sociales et fiscales 2026 : tout comprendre en 5 minutes.

Comment des collectivités structurent leur vigilance prestataires : les bonnes pratiques qui font la différence

Les collectivités les mieux organisées sur ce sujet ont toutes tiré la même conclusion : la vigilance prestataires ne peut pas rester un process informel géré entre deux réunions de chantier. Elle doit être structurée comme n’importe quel autre process de gestion des risques, avec un responsable identifié, des échéances planifiées, et une traçabilité systématique.

Voici les pratiques qui font la différence sur le terrain.

Centraliser la gestion dans un outil unique (pas dans des boîtes mail individuelles)

Tant que les documents prestataires arrivent dans la messagerie personnelle du conducteur de travaux ou du responsable marchés, ils sont invisibles pour le reste de l’organisation. La première étape consiste à disposer d’un point d’entrée unique pour tous les documents de conformité, accessible aux services concernés et archivé de façon structurée.

Automatiser les relances à échéance

Une attestation de vigilance Urssaf est valable 6 mois. Un Kbis a une durée de vie utile de 3 mois. Sans système d’alerte automatique, c’est l’agent qui doit se souvenir de relancer, au bon moment, chacun des prestataires actifs. À 10 prestataires, c’est gérable. À 30, c’est une source d’erreur quasi certaine.

Vérifier l’authenticité des documents (pas seulement leur présence)

Un document fourni n’est pas forcément un document valide. Des attestations falsifiées circulent. La bonne pratique consiste à croiser les documents reçus avec les sources officielles — Urssaf, INPI, Direction générale des finances publiques — plutôt que de se contenter d’archiver ce que l’entreprise envoie.

Conserver une piste d’audit exploitable

En cas de contrôle, ce qui compte n’est pas ce que la collectivité affirme avoir fait, mais ce qu’elle peut prouver. Date de la vérification, nature du document contrôlé, source de vérification, identité de l’agent ayant effectué le contrôle : ces éléments doivent être traçables et exportables à tout moment.

Inclure les sous-traitants de rang 2 dans le périmètre de vigilance

C’est le point que beaucoup de collectivités négligent encore. Un titulaire de marché peut être parfaitement en règle et faire appel à des sous-traitants qui ne le sont pas. Le Code de la commande publique impose de vérifier les sous-traitants déclarés. La loi de 2026 renforce cette exigence sur l’ensemble de la chaîne.

Othentis Check et Othentis On-site : deux solutions pensées pour les exigences des acteurs publics

Les collectivités et acteurs publics qui cherchent à structurer leur vigilance prestataires butent souvent sur le même obstacle : les outils généralistes de gestion documentaire ne sont pas conçus pour ça. Stocker des fichiers dans un dossier partagé ne vérifie pas leur authenticité. Un outil de GED n’envoie pas d’alerte quand une attestation expire. Un tableau Excel ne se connecte pas aux sources officielles.

Othentis propose deux modules complémentaires qui répondent précisément aux obligations des donneurs d’ordre publics.

Othentis Check : la vigilance documentaire automatisée

Othentis Check centralise la collecte, la vérification et le suivi de la conformité de l’ensemble des prestataires et sous-traitants. Le fonctionnement est conçu pour réduire au maximum la charge administrative des équipes :

  • La collectivité invite ses prestataires sur la plateforme.
  • Chaque entreprise dépose ses documents obligatoires.
  • Le système vérifie leur validité en s’appuyant sur les sources officielles — Urssaf, INPI, administrations fiscales — et non sur la seule bonne foi du prestataire.
  • Les alertes sont automatiques : à 30 jours d’une échéance, à la date d’expiration, et en cas de non-réponse après relance.
  • Le donneur d’ordre dispose à tout moment d’une vision consolidée de la conformité de l’ensemble de sa chaîne, avec une piste d’audit complète exportable.

Pour les collectivités gérant plusieurs marchés simultanément, la récupération des attestations directement auprès des organismes officiels se fait en quelques secondes, sans dépendre de la réactivité des entreprises. C’est précisément ce point que les acheteurs publics retiennent en premier : ne plus être tributaire du bon vouloir du prestataire pour obtenir un document qu’il est légalement tenu de fournir.

Othentis On-site : la preuve de présence sur les sites publics

Pour les collectivités qui font appel à des entreprises de services intervenant régulièrement sur leurs sites — nettoyage de bâtiments communaux, gardiennage, entretien des espaces verts, maintenance technique multi-sites — la question de la présence effective des intervenants est un enjeu distinct de la conformité documentaire.

Othentis On-site permet d’attester automatiquement de la présence des intervenants sur chaque site, via un géorepérage par smartphone. Aucun badge, aucune installation matérielle, aucune infrastructure à déployer. Un périmètre virtuel est défini pour chaque site public concerné. Dès qu’un intervenant entre ou sort du périmètre, la présence est horodatée et enregistrée. En cas d’absence détectée, une alerte est envoyée en temps réel au gestionnaire.

Sur le plan réglementaire, le dispositif est entièrement conforme aux recommandations de la CNIL : les données collectées sont binaires (dans le périmètre / hors du périmètre), horodatées, et ne constituent pas une géolocalisation continue des personnes. Les intervenants ne sont pas tracés en dehors de leur temps de travail sur site. Pour des collectivités soumises à l’exemplarité en matière de respect des droits des agents et des prestataires, c’est un point non négociable. Et Othentis l’a intégré dès la conception du produit.

Conclusion

Les obligations de vigilance des collectivités et acteurs publics envers leurs sous-traitants ne sont pas nouvelles. Mais elles sont souvent sous-estimées, partiellement appliquées, et rarement documentées de façon à résister à un contrôle sérieux.

Un chantier vit. Il bouge. Il se réorganise. Les prestataires changent, les sous-traitants s’ajoutent, les documents expirent. Une vérification effectuée à la signature du contrat ne couvre pas les 18 mois d’exécution qui suivent. Et la loi de 2026 ne laisse plus de zone grise sur ce point.

La bonne nouvelle, c’est que structurer une vigilance sérieuse ne nécessite pas de créer un poste dédié. Cela nécessite les bons outils. Ceux qui automatisent ce qui peut l’être, vérifient ce que l’humain ne peut pas vérifier seul à grande échelle, et produisent la traçabilité que les contrôles exigent.

Othentis accompagne les collectivités et acteurs publics qui veulent passer d’une conformité de façade à une vigilance effective : vérification documentaire automatisée avec Othentis Check, preuve de présence horodatée avec Othentis On-site.

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FAQ sur les obligations de vigilance envers les sous-traitants des collectivités

Une collectivité territoriale est-elle soumise au devoir de vigilance envers ses sous-traitants ?

Oui, sans exception. L’article L. 8222-1 du Code du travail s’applique à toute personne morale, publique ou privée, dès lors qu’elle conclut un contrat d’un montant supérieur à 5 000 € HT avec une entreprise prestataire. Communes, intercommunalités, départements, régions, établissements publics : tous sont concernés, quel que soit le secteur d’activité du prestataire.

À quelle fréquence une collectivité doit-elle vérifier la conformité de ses prestataires ?

La vérification doit intervenir lors de la conclusion du contrat, puis tous les 6 mois jusqu’à la fin de son exécution (article R. 8222-1 du Code du travail). Ce rythme s’applique indépendamment de la durée du marché. Un marché de 3 ans implique donc a minima 6 cycles de vérification par prestataire actif.

Quels documents une collectivité doit-elle demander à ses prestataires et sous-traitants ?

À chaque échéance de 6 mois, la collectivité doit collecter et vérifier : une attestation de vigilance Urssaf en cours de validité, un extrait Kbis de moins de 3 mois, une attestation fiscale (formulaire 3666) délivrée par la Direction générale des finances publiques, et la liste nominative des salariés étrangers soumis à autorisation de travail le cas échéant. Ces documents doivent être conservés et tracés pour constituer une piste d’audit exploitable en cas de contrôle.

Que risque une collectivité en cas de travail dissimulé chez l’un de ses prestataires ?

Si une collectivité n’a pas effectué les vérifications obligatoires et qu’un de ses prestataires est reconnu coupable de travail dissimulé, elle peut être tenue solidairement responsable du paiement des cotisations sociales, impôts et pénalités dus par l’entreprise défaillante (article L. 8222-2 du Code du travail). Par ailleurs, la responsabilité pénale des élus et des agents publics peut être engagée en cas de complicité présumée, même passive.

Les obligations de vigilance s’appliquent-elles aussi aux sous-traitants de rang 2 dans un marché public ?

Oui. En application de la loi du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance et du Code de la commande publique, la collectivité doit vérifier la régularité de tout sous-traitant déclaré par le titulaire du marché, y compris ceux qui n’ont pas de relation contractuelle directe avec elle. La loi n° 2026-534 du 28 mai 2026 renforce encore cette exigence en imposant une vérification périodique jusqu’à la fin de l’exécution du contrat de sous-traitance.

La loi de 2026 sur la fraude sociale et fiscale s’applique-t-elle aux acheteurs publics ?

Oui. La loi n° 2026-534 du 28 mai 2026, et notamment son article 95 qui insère un nouvel article L. 8222-1-1 dans le Code du travail, ne distingue pas les donneurs d’ordre publics des privés. Les collectivités et établissements publics sont concernés au même titre que les entreprises. Les décrets d’application précisant les modalités de mise en œuvre sont attendus dans les prochains mois.

Pour en savoir plus : notre article dédié sur la loi contre la fraude sociale.

Un outil de géorepérage est-il légal pour suivre la présence des intervenants sur des sites publics ?

Oui, sous réserve de respecter les recommandations de la CNIL. Un dispositif de géorepérage conforme collecte uniquement des données binaires horodatées (présence dans un périmètre défini / absence), sans traçage continu des personnes en dehors de leur temps de travail sur site. Ce type de dispositif est distinct de la géolocalisation permanente, qui est soumise à des conditions beaucoup plus restrictives. Othentis On-site est conçu dans le strict respect de ce cadre.

Comment une collectivité peut-elle prouver qu’elle a bien effectué ses vérifications en cas de contrôle ?

La preuve repose sur la traçabilité documentaire : date de chaque vérification, nature des documents contrôlés, source utilisée pour la vérification (organisme officiel ou déclaration du prestataire), et identité de l’agent ayant effectué le contrôle. Un historique d’emails ne constitue pas une piste d’audit suffisante. Les outils dédiés à la vigilance prestataires, comme Othentis Check, génèrent automatiquement cette traçabilité et la rendent exportable à tout moment.

Stéphanie

Stéphanie NOCK est entrepreneuse et dirigeante d’OTHENTIS. Elle travaille sur des solutions innovantes pour lutter contre la fraude sociale.