Traçabilité du matériel : un levier clé pour protéger la responsabilité du donneur d’ordre

Août 22, 2025

Les accidents de chantier peuvent engager la responsabilité du donneur d’ordre. La traçabilité du matériel constitue alors un levier essentiel pour limiter ces risques, mais aussi pour améliorer la productivité et maîtriser les coûts. Elle permet d’assurer une meilleure coordination des intervenants.

Mais de quelle traçabilité parle-t-on exactement ? Il s’agit bien de la traçabilité des équipements et matériels utilisés sur chantier : outils, engins, dispositifs de levage, éléments provisoires ou permanents. Il ne s’agit pas ici des déchets ou des matériaux de construction, même si ces flux sont eux aussi soumis à des obligations de suivi.

Dans un contexte de complexification des opérations et d’augmentation des exigences réglementaires, suivre précisément les équipements, leur état, leur localisation, leur historique d’utilisation ou de maintenance, devient une pratique de plus en plus stratégique pour les maîtres d’ouvrage et leurs partenaires.

Une responsabilité juridique partagée… mais non effacée

Dans le secteur du BTP, la gestion du matériel n’est pas encadrée par une obligation légale spécifique pour le donneur d’ordre. Toutefois, en cas d’accident ou de défaillance grave, la responsabilité du maître d’ouvrage peut être engagée s’il s’avère qu’il n’a pas mis en place un cadre clair ou des exigences suffisantes dans ses marchés. La traçabilité devient alors un outil de pilotage utile pour anticiper les dérives, formaliser les attentes et mieux répartir les responsabilités entre les différents intervenants.

Les conséquences d’un suivi défaillant

Un matériel mal suivi, mal entretenu ou mal identifié peut générer des retards, des surcoûts, des litiges contractuels, voire des accidents graves. Ces incidents peuvent impacter durablement la réputation de l’entreprise, ou entraîner des sanctions administratives, voire pénales. C’est souvent au moment d’un contrôle, ou à la suite d’un accident, que l’on constate le manque de traçabilité et l’impossibilité de produire un historique fiable des équipements concernés.

Au-delà des risques juridiques, une mauvaise gestion du matériel a un impact opérationnel direct : perte de temps sur chantier pour retrouver un engin, maintenance oubliée, pannes non anticipées, coûts supplémentaires liés à des remplacements d’urgence… Ces défaillances ne sont pas rares, et elles affectent directement la rentabilité d’un projet.

Construire une démarche de traçabilité efficace

Mettre en place une traçabilité performante ne se résume pas à coller un code-barres sur une machine. Cela suppose une stratégie globale, structurée autour de quelques piliers essentiels.

D’abord, chaque équipement doit pouvoir être identifié de manière unique, que ce soit via un numéro interne, un code QR, ou tout autre dispositif lisible rapidement sur le terrain. Cette identification constitue la base de toute action de suivi ou de maintenance.

Ensuite, il faut documenter les mouvements du matériel : qui l’utilise, où, quand, dans quel état. Ces données doivent être horodatées, accessibles, et mises à jour en temps réel. Elles permettent de reconstituer l’historique d’un équipement en cas de litige ou de panne.

Le suivi des contrôles réglementaires et des opérations de maintenance est également essentiel. La réglementation impose des vérifications régulières sur certains engins (grues, échafaudages, dispositifs de levage), et ces échéances doivent être anticipées. L’absence de preuve écrite lors d’un contrôle de l’inspection du travail peut entraîner l’arrêt du chantier, voire une mise en cause du donneur d’ordre si l’encadrement du processus est jugé insuffisant.

Enfin, il est essentiel que les équipes, internes ou externes, soient formées et impliquées. Une traçabilité efficace repose sur l’adhésion de tous les intervenants : chefs de chantier, magasiniers, logisticiens, prestataires de maintenance… Il s’agit bien d’une dynamique collective.

Des outils numériques adaptés au BTP

Les outils numériques facilitent aujourd’hui grandement la gestion du matériel sur les chantiers. Substock, par exemple, est une solution pensée pour le BTP : elle permet de suivre en temps réel les équipements, consommables et EPI grâce à un système de QR codes et une application mobile intuitive. Les équipes peuvent localiser le matériel, gérer les stocks, planifier les maintenances et recevoir des alertes automatiques. Résultat : moins de pertes, une meilleure coordination entre les chantiers et une logistique nettement plus fluide.

Une démarche gagnante sur tous les plans

En misant sur une traçabilité rigoureuse du matériel, le donneur d’ordre se donne les moyens de mieux piloter ses projets, de réduire les aléas, et de sécuriser sa position en cas de contentieux. Ce n’est pas une contrainte administrative, mais bien un investissement stratégique dans l’efficacité et la sérénité du chantier.

En anticipant les obligations, en déléguant avec méthode, et en conservant une vision d’ensemble grâce aux bons outils, le maître d’ouvrage renforce sa capacité à maîtriser les risques, tout en construisant une relation de confiance avec ses prestataires.